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Une Journée faste pour l’association Patrimoine du pays de Forcalquier


En effet c’était la révélation d’un nouveau fleuron du patrimoine local, la Commanderie de Lardiers. C’est avec stupéfaction et une admiration totale que les membres de cette association, dont une des missions est justement d’attirer l’attention sur le Patrimoine, ont découvert les bâtiments de la Commanderie, mais surtout le travail inouï réalisé pour la résurrection de cet ensemble, signalé depuis près de neuf cents ans sur le territoire de Lardiers et cependant totalement méconnu.

Cette très ancienne Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, citée dès 1256 sous le nom de « château de Lardiers , dit communément Hospital de Lardiers » apparaît, sur sa facade extérieure donnant sur la place de l’église, comme une ancienne maison bourgeoise du XIXe , alors que, sur le côté masqué par l’église, on découvre une grande cour carrée au centre de laquelle règne une fontaine pérenne.

Cette cour est fermée, du côté de l’entrée, par un mur et une portion de tour ronde. À gauche on voit une longue grange à deux niveaux. Au milieu c’est la résidence qui semble dater du XVIIIe siècle, avec une tourelle d’angle. Enfin à droite, le mur sud de l’église constitue le quatrième côté.

En fait cet ensemble en cache un autre, une ancienne Commanderie faisant aussi office d’hospice/hôpital, lieu d’accueil certes, mais aussi centre d’exploitation d’un énorme domaine agricole situé au pied de la montagne de Lure.
Il était, comme les autres commanderies du XIIe siècle, destiné à financer les œuvres charitables et défensives en Terre Sainte.
Son plan carré est établi selon les mêmes principes qu’un château. La grange est formée en partie d’une ancienne et massive tour carrée qui défendait un angle de cet ensemble castral. Le long bâtiment à deux niveaux, munis de grandes fenêtres, qui la prolonge, a peut- être été le lieu d’un bâtiment d’accueil pour les pèlerins, voyageurs ou malades, avant sa transformation pour utilisation agricole.

Le bâtiment central est, en fait, établi sur une base de deux voûtes parallèles et contiguës, datant du XIIe et XIIIe siècles. Les propriétaires y ont conservé au rez-de-chaussée, l’ancienne énorme cheminée munie d’un four à pain. La tourelle d’angle comporte, en sous- sol, le seul cachot/oubliette connu et conservé en Provence. Le premier étage de cette tourelle est une chapelle privée.
L’escalier en colimaçon, d’époque Renaissance donne accès à des pièces remaniées aux XVIIe et XVIIIe siècles, à partir sans doute des logements de chevaliers ou chapelains de l’Ordre. Elles sont en enfilade et on y a respecté leurs cheminées et alcôves. Le deuxième étage, sous une charpente apparente, comportait d’après les propriétaires l’ancien logis du Commandeur.

L’église est l’ancienne église castrale devenue paroissiale au cours des ans. A l’origine elle devait s’ouvrir sur la cour. C’était là que se tenaient les offices religieux pour les chevaliers, chapelains, servants et donats appartenant aux Hospitaliers, mais aussi pour les habitants de Lardiers.

Philippe Sciau et Hervé Tartaglione ont remis en état, remeublé et décoré cet ensemble avec un goût parfait. Ils ont réalisé des prodiges pour conserver religieusement les strates successives de l’histoire et des occupants du château. D’abord l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui y donnait l’hospitalité jusque vers 1400. Après cette date, la population ayant été exterminée et les terres abandonnées, la Commanderie a été désertée pendant près de cent ans. Toujours propriété des Hospitaliers, devenus chevaliers de Malte, elle a été arrentée à des particuliers et transformée en résidence plus luxueuse. Enfin, après la Révolution, plusieurs propriétaires successifs l’on réaménagée.

Chaque pièce a gardé le caractère simple ou sophistiqué qui lui avait été attribué au cours des âges. On y trouve pour l’une, un sol caladé, pour une autre un sol en carreaux de terre cuite, ou de tomettes, enfin des parquets. Les pièces qui comportent des cheminées ou éléments décoratifs du XVIIIe ont été dotées d’un mobilier et d’objets de cette époque. Les plafonds ont été conservés ou restaurés dans l’état où ils ont été trouvés, c’est-à-dire, soit plâtrés soit avec leur poutres et planchers apparents.

Malgré cette hétérogénéité décrite, les pièces dégagent un esprit unique, on les vit comme si l’on était (et l’on est) dans une maison qui a vécu différentes époques et où l’on aurait gardé, de père en fils, les objets ou mobiliers de chaque génération.

Le plus étonnant est sans doute la cuisine principale qui comporte encore le manteau et le sol d’une énorme cheminée, pratiquement médiévale, mais occupée par des éléments de cuisson juxtaposés, d’époques différentes : cuisinière à bois, mais aussi un potager en carreaux vernissés blancs et bleus, ou la cuisinière Godin. On y a aussi conservé la pile en pierre, en guise d’évier ; au mur est retrouvé un grand panneau de bois servant à suspendre les ustensiles de cuisine et casseroles. On a l’impression que l’on va voir arriver la bonne grosse cuisinière, avec son tabler blanc en lin tissé, pour empoigner les chaudrons de cuivre.

Cette maison est vivante, habitée et ne donne pas du tout l’impression d’un « musée ».

Philippe et Hervé nous ont ouvert leurs portes, sans réserve. Ils aiment partager, et leur enthousiasme, et leur amour pour cette maison qui leur ont permis de réaliser l’impensable en quatre ans de travaux ininterrompus. La réussite est là, la Commanderie est sauvée et revit !

S’ils ouvrent là des chambres pour des hôtes, ce sera la bousculade, tant cet ensemble a de charme.

L’association « Vieilles Maisons Françaises » avec la « Fondation du Patrimoine » ne se sont pas trompées en leur attribuant un prix pour cette restauration et l’association Patrimoine du Pays de Forcalquier leur est reconnaissante pour avoir ajouté un si beau fleuron au patrimoine de ce pays.

 

Jeanine Bourvéau
Ancienne présidente-fondatrice de l’association Patrimoine du pays de Forcalquier.
              

La commanderie de Lardiers, ensemble château et église La façade sur le village La façade sur la cour La grande grange Chapiteaux du porche de Sainte-Anne de Lardiers

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